
L’incontinence anale : quand on perd le contrôle !
Mesdames, mesdemoiselles et Messieurs, aujourd’hui, je vous emmène dans le monde merveilleux d’un des plus grands tabous de la santé féminine et masculine : l’incontinence anale…
Un sujet tabou, certes, mais qui mérite bien quelques éclats de rire (jaune, parfois), et d’être mieux compris et dédramatisé. Car avouons-le, qui n’a jamais eu cette petite frayeur en sentant une pression inhabituelle et difficilement contrôlable ?
L’incontinence anale est un mal (presque) universel
L’incontinence anale, ou IA pour les intimes (à ne pas confondre avec les intelligences artificielles !) touche plus de monde qu’on ne le pense.
De quoi parle-t-on exactement ? En effet, elle peut revêtir différentes formes :
- Les fuites de gaz : vous savez, lorsqu’on accuse Poupette (la chienne !) de s’être lâchée en plein repas, pensant qu’elle était sous la table… alors qu’elle était dans le jardin. Ou ce moment « oups » lorsque vous avez trop chargé les squats au crossfit !
- L’incontinence fécale : ce sont les fuites de selles, plus ou moins liquides. Ça, ça fait peur ! Vous vous souvenez de votre dernière gastro ? Lorsque que vous avez cru ne jamais arriver aux toilettes à temps ?
👉On parle d’incontinence anale active lorsqu’on sent l’envie mais qu’on ne la maîtrise pas, et d’incontinence anale passive lorsqu’on ne l’a pas sentie en amont…
Selon les études, environ 2 à 8 % de la population adulte serait concernée. En réalité, on évalue plutôt entre 7 et 15 %. Soyons clairs : les chiffres sont probablement sous-estimés, car qui oserait avouer ces petits accidents ?
Les causes de l’incontinence anale
Pour comprendre l’incontinence anale, il faut d’abord se familiariser avec les acteurs du drame :
- Le sphincter anal interne : un muscle lisse qui travaille en silence (tout seul comme un grand), garantissant une fermeture étanche.
- Le sphincter anal externe : un muscle strié, contrôlé volontairement, qui nous sauve la mise en cas d’urgence. On l’a domestiqué dans l’enfance pour pouvoir avoir une vie sociale !
- Le rectum : la partie terminale du gros intestin, simple zone de transit (et non de stockage). D’ailleurs, première règle dans l’incontinence anale : un rectum vide ne fuit pas !
- Les nerfs : les messagers qui assurent la communication entre le cerveau, le rectum et les sphincters.
Quand tout ce beau monde fonctionne en harmonie, la vie est belle. Mais si un grain de sable (ou pire) vient perturber l’équilibre, c’est la catastrophe.
Les causes de l’incontinence anale sont multiples et variées, un véritable inventaire à la Prévert, allant du simple accouchement à des pathologies plus complexes :
- Lésions des sphincters (accouchement, chirurgie, traumatismes)
- Troubles neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, diabète)
- Maladies inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique)
- Constipation chronique, paradoxalement, par deux mécanismes :
- Des poussées répétées sur une porte fermée fragilisent le verrou.
- Un rectum qui se vide mal finit par déborder.
- L’âge : nos sphincters aussi vieillissent. Et pour les femmes, la carence œstrogénique de la ménopause accélère le processus… que du bonheur !
Heureusement, l’incontinence anale n’est pas une fatalité
Ça se traite même très bien. Il faut juste un petit peu de courage pour en parler.
Plusieurs solutions existent.
La rééducation périnéale spécifique
C’est le traitement de première intention de l’incontinence anale.
Réalisée par un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) en pelvi-périnéologie, elle permet de :
- Renforcer les muscles sphinctériens (interne et externe),
- Améliorer la sensibilité rectale et la perception des signaux,
- Travailler la synergie entre abdominaux et périnée.
Techniques possibles : biofeedback, électrostimulation, exercices guidés, travail postural, respiration, etc.
👉En quelques séances, beaucoup de patients constatent déjà une nette amélioration de leurs symptômes.
Les médicaments
Ils servent à réguler le transit intestinal ou à traiter la cause sous-jacente :
- Antidiarrhéiques ou laxatifs selon les besoins,
- Médicaments agissant sur les troubles neurologiques ou inflammatoires,
- Et parfois, traitement hormonal local après la ménopause.
Les tampons obturateurs ou inserts anaux
Les inserts anaux sont de petits dispositifs médicaux destinés à prévenir les fuites de gaz ou de selles.
Ils sont insérés dans le canal anal et agissent comme une barrière mécanique réversible, qui empêche les fuites.
Il existe des tampons en mousse, qui agissent en absorbant et en s’étendant dans le canal anal. Il existe aussi un insert en silicone médical souple et léger, le Renew Insert, conçu pour :
- Épouser la forme naturelle du canal anal sans créer de gêne
- Maintenir une étanchéité légère sans pression excessive
- Pouvoir être inséré et retiré facilement, sans inconfort
Il est accompagné d’un applicateur, et se porte à la carte selon les besoins (sorties, rendez-vous, activités sociales ou sportives, ou bien toute la journée), puis se retire avant d’aller à la selle.
Tous ces tampons et inserts sont à usage unique et doivent être jetés après utilisation.
Un peu comme un tampon pendant les règles finalement !
👉L’intérêt principal : offrir solution immédiate et non invasive, permettant de retrouver confiance et autonomie.
C’est une aide précieuse pour de nombreuses personnes souffrant d’incontinence anale, notamment pour accompagner une rééducation ou compléter les résultats obtenus chez le kiné.
L’hygiène de vie et l’accompagnement psychologique
Les habitudes du quotidien sont souvent fondamentales dans la gestion de l’incontinence anale. Quelques gestes simples :
- Adopter une alimentation riche en fibres solubles et bien s’hydrater
- Éviter la sédentarité et pratiquer une activité physique douce
- Limiter le café, l’alcool et les épices, qui irritent le rectum
- Et bien sûr, apprendre à écouter son corps et ses signaux
Ne sous-estimons pas la dimension émotionnelle de l’incontinence anale.
La honte, la peur ou l’isolement social sont fréquents. Un accompagnement psychologique peut aider à dédramatiser et à reprendre confiance.
La chirurgie
En dernier recours, et selon les cas, certaines options chirurgicales existent :
- Sphincteroplastie : réparation du sphincter anal lésé
- Neurostimulation sacrée : rééducation du contrôle nerveux du périnée
- Sphincter artificiel implantable : dispositif qui imite la contraction naturelle
Ces interventions sont réservées à certains cas sévères, après échec des autres traitements.
Conclusion
L’incontinence anale est un sujet sérieux, mais il ne faut pas pour autant se laisser abattre. Avec un diagnostic précis, un traitement adapté et une bonne dose d’humour, il est tout à fait possible de retrouver une vie normale (ou presque).
Alors, n’hésitez pas à en parler à votre médecin, et surtout, n’oubliez pas de rire !
À retenir
- L’incontinence anale touche jusqu’à 15 % des adultes – hommes et femmes confondus.
- Elle se traite efficacement, notamment grâce à la rééducation périnéale et à des dispositifs médicaux comme les inserts anaux.
- Des solutions existent à chaque étape : médicamenteuses, mécaniques, chirurgicales ou comportementales.
- Le plus important : oser en parler, car la prise en charge change tout !
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