
Quelles solutions pour les fuites urinaires ?
Un problème de santé courant qui affecte de nombreuses femmes à travers le monde
Selon les données disponibles, on estime que 30 à 40% des femmes sont concernées par une incontinence urinaire à un moment donné de leur vie. L’incontinence urinaire est toutefois souvent sous-diagnostiquée et sous-traitée, ce qui signifie que les chiffres réels pourraient être encore plus élevés.
L’incontinence urinaire recouvre une grande variété de réalités. Pour certaines, il s’agit de quelques fuites urinaires lors du sport, ou à certaines phases de leur cycle menstruel, ou encore pendant la grossesse. Pour d’autres, il s’agit de fuites importantes et handicapantes. Quoi qu’il en soit, elle peut avoir des impacts significatifs sur la qualité de vie, la santé mentale et le bien-être des femmes.
Bonne nouvelle : il existe des solutions efficaces et fiables pour corriger les fuites urinaires, qu’elles soient ponctuelles ou très handicapantes. L’objet de cet article est de vous présenter ces solutions et de vous aider à retrouver votre liberté de mouvement au quotidien.
Spoiler : dans tous les cas, il est indispensable de consulter un professionnel de santé, et de ne pas rester silencieuse et dans l’inconfort.
Les différents types d’incontinence urinaire
Pour identifier une solution adaptée et efficace à vos fuites urinaires, le préalable est de comprendre quel mécanisme est à l’œuvre et provoque ces symptômes.
Il existe en effet plusieurs types d’incontinence urinaire, qui s’expliquent par des causes différentes et se corrigent donc avec des moyens différents.
L’incontinence urinaire d’effort
Cette forme d’incontinence se manifeste lorsqu’une pression soudaine, telle que celle provoquée par la toux, le rire, un exercice physique ou même un simple changement de position, provoque des fuites urinaires sans forcément qu’il y ait eu un besoin préalable d’aller aux toilettes. Cette forme d’incontinence est la plus courante chez les femmes. Elle touche environ 30 à 40% des femmes adultes à un moment donné de leur vie.
Deux mécanismes principaux en sont à l’origine :
- Un affaiblissement des tissus et des muscles du périnée (partie du corps fermant en bas le petit bassin) chargés de soutenir l’urètre (canal allant de la vessie à l’orifice urinaire, permettant l’évacuation de l’urine)
- Une faiblesse du sphincter du col vésical (muscle chargé d’assurer l’étanchéité de la vessie).
L’incontinence urinaire par impériosité ou hyperactivité vésicale (HAV)
Également connue sous le nom de vessie hyperactive, cette condition se traduit par des envies pressantes et soudaines d’uriner, souvent accompagnées de pertes incontrôlées avant d’atteindre les toilettes. Également répandue, l’incontinence par impériosité touche environ 10 à 20% des femmes adultes. Cependant, ces chiffres peuvent varier en fonction de la définition utilisée et des critères diagnostiques.
L’incontinence urinaire mixte
Comme son nom l’indique, l’incontinence mixte combine les caractéristiques de l’incontinence d’effort et de l’incontinence par urgence. Elle concerne environ la moitié des cas.
Le traitement est choisi en concertation avec votre médecin, en prenant en compte la cause de l’incontinence urinaire, le type d’incontinence et la gêne ressentie. Les professionnels de santé qui peuvent intervenir dans la prise en charge thérapeutique de l’incontinence urinaire sont les suivants : médecin généraliste, urologue, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute.
Les solutions pour l’incontinence urinaire à l’effort
L’incontinence urinaire d’effort chez la femme peut être gênante et altérer la qualité de vie, mais il existe plusieurs solutions pour la corriger ou la gérer efficacement. Spoiler : il existe des solutions beaucoup plus confortables et satisfaisantes que les protections urinaires jetables que les publicités nous rabâchent à la télévision !
La rééducation périnéo-sphinctérienne
La rééducation périnéo-sphinctérienne est le traitement de première intention des incontinences urinaires d’effort. C’est la toute première étape, et si elle est bien menée et que vous vous impliquez dans ce travail, elle peut améliorer significativement les symptômes, voire les faire disparaître.
La rééducation doit souvent être globale, et peut consister notamment à renforcer les muscles du plancher pelvien, qui jouent un rôle crucial dans le maintien de la continence urinaire. Lorsqu’ils sont affaiblis, ils peuvent ne pas être en mesure de soutenir efficacement l’urètre pendant les activités qui augmentent la pression intra-abdominale, entraînant ainsi des fuites urinaires.
Attention toutefois à ne pas réduire la rééducation au renforcement du périnée ! Il est parfois au contraire nécessaire d’apprendre à reprendre conscience et à relâcher les muscles du plancher pelvien lorsqu’ils sont en hypertonie. De plus, une coordination efficace entre les muscles du plancher pelvien et les muscles abdominaux est également essentielle pour maintenir la continence urinaire pendant les activités physiques. La rééducation périnéale vise à améliorer cette synergie musculaire, permettant une meilleure gestion de la pression intra-abdominale et une réduction des fuites urinaires.
Enfin, la rééducation comprend des techniques visant à intégrer ces nouveaux schémas corporels dans les activités quotidiennes. Cela peut inclure des conseils sur la posture, la respiration et la coordination des mouvements pour minimiser les impacts sur le périnée et les risques de fuites urinaires.
Des exercices de rééducation à domicile sont également possibles avec des sondes de rééducation connectées et des applications mobiles ludiques et motivantes, mais doivent toujours être encadrées et adaptées par un thérapeute spécialisé pour être efficaces.
Nous vous recommandons donc vivement de consulter un professionnel de la santé qualifié (kinésithérapeute ou sage-femme spécialisé en rééducation pelvi-périnéale), pour obtenir un accompagnement personnalisé et adapté à vos besoins.
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Les mesures hygiéno-diététiques
Elles font partie de la rééducation, et sont des bonnes pratiques d’hygiène de vie à intégrer impérativement à votre quotidien pour lutter contre les fuites urinaires, ou tout autre problème périnéal (comme le prolapsus par exemple).
Elles impliquent notamment l’alimentation, l’hydratation, l’activité physique, la perte de poids, la posture aux toilettes, la correction de la constipation, la limitation dans la consommation d’irritants vésicaux (alcool, café, thé, tabac…). Elles sont indispensables pour conserver ou rétablir une bonne santé périnéale et intime.
Les pessaires
Un pessaire est un petit dispositif médical en silicone en forme d’anneau ou de cube, conçu pour être inséré dans le vagin afin de soutenir les organes pelviens et traiter les symptômes liés à un prolapsus et/ou à une incontinence urinaire. Disponible dans une grande variété de formes et de tailles, le pessaire est adaptable à chaque patiente en fonction de son anatomie et de ses besoins spécifiques.
Ce dispositif médical est une solution thérapeutique de première intention, efficace et sans risques, recommandée par la Haute Autorité de Santé. Il présente l’immense avantage d’être efficace immédiatement : dès qu’on insère le pessaire, les fuites sont corrigées ! A condition bien sûr d’avoir un pessaire adapté à soi, et donc d’être accompagnée par un professionnel de santé spécialisé.
Dans le cadre d’une incontinence urinaire d’effort, un pessaire peut donc être utilisé pour soutenir l’urètre et le col de la vessie, et prévenir les fuites urinaires pendant les activités physiques ou tout au long de la journée. Il offre une solution non chirurgicale et réversible pour traiter l’incontinence urinaire d’effort.
On vous explique ça plus en détails un peu plus loin dans l’article 🙂
La chirurgie
En seconde intention, dans les cas les plus sévères et pour lesquels les autres options thérapeutiques ne vous donnent pas satisfaction, une chirurgie peut vous être proposée. La procédure chirurgicale de référence pour traiter l’incontinence urinaire d’effort consiste à poser une bandelette sous-urétrale. D’autres interventions, sans pose de matériel prothétique, existent (colposuspension rétropubienne, bandelette autologue, injections de produits de comblement autour de l’urètre, ballonnets autour de l’urètre, sphincter urinaire artificiel). Elles relèvent cependant de situations particulières ou complexes.
Important : La chirurgie ne peut vous être proposée qu’en concertation avec une équipe médicale pluridisciplinaire, après explications complètes de toutes les options à votre disposition, des avantages et risques liés à l’opération, et seulement si les autres solutions thérapeutiques ne vous satisfont pas.
Les protections urinaires
L’utilisation de culottes absorbantes peut également aider à gérer les fuites urinaires et à améliorer le confort au quotidien. Il existe aussi bien sûr des protections hygiéniques pour fuites urinaires jetables, qui toutefois sont une solution généralement peu satisfaisante : coût très élevé, inconfort, impact environnemental.
Beaucoup de femmes utilisent un tampon hygiénique, voire une coupe menstruelle, pour limiter leurs fuites urinaires lors du sport par exemple. Il est fortement recommandé d’utiliser plutôt un pessaire, conçu spécifiquement pour cet usage, qui reproduit le même effet avec une efficacité renforcée tout en évitant les désagréments liés à l’utilisation des tampons (qui assèchent la muqueuse vaginale et déséquilibrent le microbiote intime et favorisent donc irritations et développement d’infections). Le pessaire, lui, vous protège des fuites tout en protégeant votre équilibre intime 🙂
Les solutions pour l’hyperactivité de la vessie
L’hyperactivité vésicale peut également être une condition gênante et inconfortable, mais il existe heureusement plusieurs solutions pour vous aider à la gérer.
Rééducation périnéo-sphinctérienne et thérapie comportementale
La rééducation périnéo-sphinctérienne est fréquemment associée, dans le cas de l’impériosité, à une thérapie comportementale. Cette approche implique des changements de comportement et de mode de vie visant à réduire les symptômes de l’hyperactivité vésicale. Elle a pour but d’adapter la consommation de liquides et de reprogrammer les mictions pour réduire progressivement les allers et venues aux toilettes. et l’évitement des déclencheurs potentiels tels que la caféine, l’alcool et les aliments épicés.
Les mesures d’hygiène de vie (tabagisme, apports hydriques, alimentation, activité physique…) sont également une étape essentielle dans la prise en charge de l’hyperactivité vésicale.
Pessaire
Le pessaire peut également être une option thérapeutique efficace pour les femmes souffrant de prolapsus pelvien avec des symptômes d’impériosités urinaires. En agissant comme un support structurel, le pessaire peut aider à maintenir les organes prolapsés en place, réduisant ainsi la pression exercée sur la vessie, en limitant son irritation, en améliorant sa vidange, et donc en corrigeant son hyperactivité. En conséquence, les épisodes d’impériosités peuvent être réduits, offrant un soulagement significatif et une meilleure qualité de vie pour les patientes.
La neuromostimulation
La neuromodulation des racines sacrées est un traitement qui consiste à stimuler les racines sacrées par un courant électrique continu. Les racines sacrées sont des nerfs situés au niveau du bas du dos. Ils innervent la vessie et les muscles responsables de la continence. Cette approche peut aider à réguler les signaux nerveux et à réduire les contractions involontaires de la vessie. Le traitement est conservateur (aucune structure anatomique n’est détruite ou abîmée) et est réversible. La neuromodulation peut être réalisée à l’aide d’appareils implantables (sous la peau, dans le haut de la fesse) ou de petits dispositifs externes portables.
On parle alors de neurostimulation du nerf tibial postérieur.
Depuis longtemps utilisée pour soigner les douleurs pelviennes (pelvi-périnéales), la stimulation du nerf tibial est aussi de plus en plus prescrite par les urologues pour soulager les problèmes d’incontinence, spécifiquement liés au syndrome d’hyperactivité vésicale (HAV).
La neuromodulation du nerf tibial postérieur (ou stimulation neuro-tibiale postérieure) est une méthode qui stimule des points reliés avec le plexus sacral (au niveau du sacrum/racines sacrées) qui commande le système urinaire (vésico sphinctérien et anorectal). De légères impulsions électriques, totalement indolores, sont envoyées dans le nerf tibial vers le cortex cérébral pour inhiber les réflexes neurologiques de la vessie (réflexe détrusorien).
Le traitement se fait en position assise ou allongée, à raison d’une séance de 15 à 30 mn quotidienne, à domicile, pendant plusieurs mois Les premiers bienfaits peuvent être rapides. Un suivi régulier par le médecin est toutefois nécessaire et lui permet d’adapter la fréquence, l’intensité et la durée des séances.
Injections de toxine botulique
Les injections de toxine botulique dans la paroi de la vessie peuvent bloquer les signaux nerveux responsables des contractions involontaires, ce qui peut réduire les symptômes d’hyperactivité vésicale. Cette option est généralement réservée aux cas plus graves et résistants aux autres traitements.
La toxine botulique A (plus connue sous le nom de Botox) est injectée dans l’épaisseur de la paroi de la vessie. Le Botox réduit les contractions incontrôlées de la vessie et diminue le besoin urgent d’uriner en agissant sur des terminaisons nerveuses. Les fuites d’urines et les envies urgentes sont ainsi supprimées ou fortement réduites. L’effet du Botox débute quelques jours après l’injection. Elle agit pendant en moyenne de 6 à 9 mois. Lorsque l’effet disparaît, on peut réinjecter cette toxine autant de fois que nécessaire en respectant un intervalle entre les interventions.
Médicaments
Certains médicaments, tels que les anticholinergiques ou les bêta-3-agonistes, peuvent être prescrits pour aider à détendre la vessie et à réduire les contractions involontaires associées à l’hyperactivité vésicale. Il est important de discuter des options avec un professionnel de la santé pour déterminer le médicament le plus approprié en fonction de chaque cas individuel.
Ils peuvent comporter des effets secondaires (sécheresse de la bouche, vertiges, constipation…). En cas d’effet inhabituel du traitement, il est important d’en parler à son médecin traitant.
Il est important de discuter de toutes les options avec un professionnel de santé spécialisé pour déterminer la stratégie thérapeutique la plus appropriée et qui vous conviendra le mieux.
Un pessaire peut-il supprimer efficacement les fuites urinaires?
Lorsqu’il est bien choisi et bien adapté, le pessaire est une solution thérapeutique efficace et satisfaisante pour de nombreuses femmes présentant des fuites urinaires. Comme le souligne la Haute Autorité de Santé dans ses recommandations sur la prise en charge thérapeutique du prolapsus, le pessaire est un dispositif efficace qui améliore significativement la qualité de vie des femmes, avec un taux de satisfaction de l’ordre de 90%, et une efficacité équivalente à celle de la chirurgie, y compris sur les symptômes urinaires. Il a également un impact positif sur l’image corporelle
Voici ce que disent plusieurs études sur l’efficacité et l’utilisation du pessaire contre l’incontinence urinaire :
- Un pessaire d’incontinence adapté peut être trouvé pour 92% des femmes souffrant de fuites urinaires à l’effort ne présentant pas de prolapsus significatif.
- L’incontinence urinaire à l’effort est améliorée dans 45 à 80% des cas
- L’incontinence par impériosité est améliorée dans 40 à 50% des cas
- La vidange vésicale (capacité de la vessie à se vider complètement lors de la miction, facteur clé dans l’amélioration de l’hyperactivité vésicale et la limitation d’infections urinaires à répétition) est améliorée dans 53 % des cas
- Plus de la moitié des femmes poursuivent l’utilisation de leur pessaire à long terme pour traiter leurs symptômes urinaires.
Les avantages du pessaire sont nombreux :
- Efficace immédiatement. Nul besoin d’attendre qu’une rééducation ait suffisamment avancé pour rétablir le contrôle urinaire, ni d’attendre qu’une éventuelle opération ait pu être organisée et réalisée. Dès que le pessaire est inséré, s’il est bien adapté, les fuites urinaires sont corrigées.
- Non invasif. Contrairement à la chirurgie, l’utilisation d’un pessaire est une approche non invasive pour traiter l’incontinence urinaire, ce qui signifie qu’aucune intervention chirurgicale n’est nécessaire.
- Réversible. Le pessaire peut être facilement inséré et retiré par la femme elle-même ou par un professionnel de la santé, offrant ainsi une solution réversible pour le traitement de l’incontinence urinaire.
- Discret et confortable. Une fois en place, le pessaire est discret et imperceptible pour la patiente et son entourage, ce qui permet de maintenir la vie quotidienne sans aucune gêne (y compris les rapports sexuels).
- Préserve (voire rétablit) l’autonomie. En offrant une alternative non chirurgicale et réversible, le pessaire permet aux femmes de restaurer leur qualité de vie en conservant une totale autonomie.
- Solution durable à long terme. Pour les femmes qui ne sont pas candidates à la chirurgie ou qui préfèrent éviter une intervention chirurgicale, le pessaire peut offrir une solution de gestion à long terme pour les symptômes de prolapsus pelvien (dont les impériosités urinaires ou les fuites urinaires à l’effort.
Bien que le pessaire puisse être une option efficace pour traiter l’incontinence urinaire chez certaines femmes, il est important de préciser qu’il peut ne pas convenir à tout le monde. Certaines femmes peuvent trouver l’insertion et le retrait du pessaire inconfortables, tandis que d’autres peuvent constater une amélioration insuffisante de leurs symptômes avec une persistance des fuites urinaires. Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé pour procéder à des essais et vérifier que cette solution pourrait vous satisfaire.
Le pessaire offre donc une solution discrète et efficace pour traiter l’incontinence urinaire chez les femmes, en offrant un soutien structurel à l’urètre et à la vessie pendant les activités qui pourraient entraîner des fuites. Bien que cela puisse ne pas convenir à tout le monde, le pessaire représente une option non invasive et réversible pour les femmes qui cherchent à retrouver leur confort et leur confiance.
Encore faut-il bien le choisir ! On vous explique comment 🙂
Quel pessaire pour corriger des fuites urinaires ?
Là encore, le type de pessaire efficace sur vos fuites urinaires dépend du type d’incontinence urinaire dont vous souffrez. Il est donc important d’obtenir un diagnostic fiable et d’être accompagnée par un professionnel de santé spécialisé dans le choix du pessaire.

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Quels pessaires pour des fuites urinaires l’effort ?
Dans le cas d’une incontinence urinaire d’effort, les pessaires généralement efficaces et indiqués par les professionnels de santé sont des pessaires spécifiquement conçus pour les fuites urinaires, ou “pessaires d’incontinence”. Ces pessaires agissent en rétablissant un soutien à l’urètre et au col vésical, réduisant voire supprimant les fuites urinaires lors d’augmentations de la pression dans l’abdomen liée à un effort.
Les pessaires de type “Dish” ou “Bol urétral”
Ces pessaires en forme d’anneaux sont dotés d’un “bouton”, une petite boule qui forme une butée pour rétablir le soutien sous l’urètre et limiter l’hypermobilité urétrale lors des efforts et des hyperpressions abdominales (toux, rire, sport, marche…). Ils sont très faciles à utiliser, et présentent l’avantage de pouvoir rester en place dans le vagin pendant toute une journée, voire plusieurs jours d’affilée. Il peut également être conservé pendant les rapports sexuels sans gêne pour vous ni pour votre partenaire. Les pessaires Dish ou bols urétraux sont les pessaires indiqués en première intention par les professionnels de santé pour traiter les fuites urinaires d’effort. Ils peuvent également maintenir un éventuel prolapsus ou aider à prévenir le développement d’un prolapsus.
Les pessaires de type Cube ou Cube Tandem
Ces pessaires peuvent également reproduire le soutien sous-urétral permettant de corriger les fuites urinaires d’effort. Le Cube Tandem est particulièrement efficace puisqu’il comble le vagin sur toute la longueur de l’urètre et lui apporte donc un soutien maximal si un Dish ou un Cube ne suffisent pas. Comme le pessaire Dish, les Cubes et les Cubes Tandem peuvent également corriger les symptômes liés à un éventuel prolapsus ou en prévenir l’aggravation.
Ces pessaires doivent être retirés et nettoyés quotidiennement.
Les pessaires Efemia
Ce petit pessaire suédois est conçu spécifiquement pour lutter contre les fuites à l’effort et ne maintient pas un éventuel prolapsus. Leur particularité est qu’une petite anse demeure à l’extérieur du vagin, contre la vulve, ce qui en facilite le retrait. Comme les Dish ou les Cubes, il restaure le soutien sous-urétral pour corriger les fuites urinaires lors des efforts.
Ce pessaire est porté uniquement pendant les efforts et doit être retiré et nettoyé au bout de quelques heures.
Ces différents pessaires permettent de s’adapter à chaque femme, à son anatomie, et à ses symptômes spécifiques. Le choix du pessaire doit être fait avec un thérapeute spécialisé. L’efficacité et le confort de chaque modèle dépend notamment d’à quel niveau de l’urètre le défaut de soutien est le plus gênant.
Quels pessaires pour des fuites urinaires par impériosité / vessie hyperactive ?
Si vous êtes concernée par une incontinence urinaire par hyperactivité vésicale, il se peut qu’elle soit liée ou accentuée par un prolapsus, même débutant et non décelé cliniquement. Essayer un pessaire peut donc être une piste intéressante et s’avérer très efficace pour diminuer voire supprimer ces impériosités.
En remettant en place et en maintenant les organes prolapsés, le pessaire réduit la pression exercée sur la vessie, l’irritation de la paroi vésicale et contribue à corriger l’alignement vésico-urétral. En conséquence, les épisodes d’impériosités peuvent être réduits, offrant un soulagement significatif et une meilleure qualité de vie pour les patientes.
En première intention, il faudra généralement s’orienter vers un pessaire Anneau. Ce modèle est le plus facile à manipuler, et il est efficace à remonter la vessie et à la maintenir dans une immense majorité de cas. Il a l’avantage également de pouvoir rester en place en continu pendant plusieurs jours si nécessaire, et pendant les rapports sexuels sans gêne ni pour vous ni pour votre partenaire.
En seconde intention, si le pessaire Anneau n’est pas satisfaisant, vous pourrez réaliser des essais d’autres modèles de pessaires (Dish, Cubes, Donut, Gellhorn…) avec votre thérapeute jusqu’à trouver le bon.
Quelques conseils pour finir…
Nous concluons cet article avec quelques conseils importants à garder en tête :
- Surtout, n’arrêtez pas de boire et de vous hydrater ! L’une de nos principales erreurs lorsque nous avons des fuites urinaires, ou peur d’en avoir, est de diminuer notre consommation d’eau. Au contraire, la déshydratation sera un facteur aggravant de vos troubles urinaires – et source d’autres soucis.
- Conservez ou reprenez une activité physique adaptée : rien de pire que la sédentarité et l’arrêt du sport à cause de fuites urinaires. Là encore, cela ne fera qu’aggraver les choses, et poser de nouveaux problèmes pour votre santé et votre bien-être. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. Mais c’est le rôle de votre thérapeute de vous accompagner et de vous y aider, en identifiant avec vous les solutions permettant de pratiquer vos activités sereinement et de continuer à bouger (le pessaire est votre meilleur allié 🙂)
- Prenez soin de votre muqueuse vaginale. La chute du taux d’oestrogènes à la ménopause contribue au relâchement global des tissus du périnée, à leur dévascularisation et à l’amincissement des parois de l’urètre et de la vessie, ce qui peut contribuer à créer ou accentuer des fuites urinaires. Un traitement hydratant local, à base d’oestrogènes ou sans hormones avec de l’acide hyaluronique, peut contribuer à améliorer vos symptômes. Parlez-en à votre médecin.
- Consultez, n’ayez pas honte et ne pensez pas que vos fuites sont une fatalité. Vous êtes normale, nous sommes toutes concernées à un ou plusieurs moments de nos vies, des solutions existent et vous permettront de retrouver votre confort et votre liberté de mouvement !
➡️ Téléchargez la fiche info sur l’incontinence urinaire à l’effort du Ministère de la Santé
Sources
Patel, 2010;Mao, 2019, Martin-Lasnel, 2020
How satisfied are women 6 months after after a pessary fitting for POP, Pizzoferrato, 2021
Storey et al. (2009): étude qualitative avec entretiens semi-structuré (11 femmes utilisant un pessaire pour POP ou IU)
Recommandations HAS 2021 sur la prise en charge thérapeutique du prolapsus
Abdool et al. Clemons et al.
Continence Pessaries in the Management of Urinary Incontinence in Women Scott A. Farrell MD,
Incontinence pessaries: size, POPQ measures, and successful fitting, Int Urogynecol J Pelvic Floor Dysfunct. 2009 Sep
A Trial of Continence Pessary vs. Behavioral Therapy vs. Combined Therapy for Stress Incontinence, Obstet Gynecol. 2010 Mar
Overactive Bladder Symptom Score Changes after Pessary Insertion in Women with Pelvic Organ Prolapse and Overactive Bladder, Thai Journal of Obstetrics and Gynecology, 2023
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