LOSA :
Ces lésions invisibles de l’accouchement qui peuvent expliquer une incontinence anale
On parle beaucoup du périnée après un accouchement. De sa rééducation, de son relâchement, parfois du prolapsus. Mais il existe une réalité encore largement passée sous silence, y compris dans les parcours de soins : celle des lésions obstétricales du sphincter anal, ou LOSA.
Derrière ce terme médical se cachent des situations concrètes, vécues dans le silence par de nombreuses femmes. Difficulté à retenir des gaz. Fuites de selles imprévisibles. Urgences soudaines. Une gêne intime qui peut profondément altérer la qualité de vie, la confiance en soi, et même les interactions sociales.
Et pourtant, dans l’immense majorité des cas, ces symptômes ne sont ni “dans la tête”, ni “une fatalité”. Ils ont une cause. Et surtout, ils peuvent être soignés.
Comprendre ce qui se joue pendant l’accouchement
Lors d’un accouchement par voie basse, le corps accomplit un travail remarquable, d’une grande complexité. Au cœur de ce processus se trouve une zone essentielle mais encore trop peu expliquée : le périnée.
Le périnée est un ensemble de muscles, de ligaments et de tissus qui ferment le bassin, comme un véritable hamac de soutien. Il joue un rôle central dans plusieurs fonctions fondamentales : le maintien des organes pelviens, la continence urinaire… mais aussi la continence anale.
Pour comprendre cela, il faut s’intéresser à une structure clé : le sphincter anal.
Le sphincter anal est un système musculaire circulaire situé autour de l’anus, qui agit comme un véritable “verrou”. Il est constitué de deux parties complémentaires :
➡️ un sphincter interne, qui fonctionne de manière automatique et assure la continence au repos
➡️ un sphincter externe, que l’on peut contracter volontairement pour retenir les gaz ou les selles
Ensemble, ces deux muscles permettent un contrôle fin et adapté de la continence, en lien étroit avec les muscles du périnée. C’est cette coordination subtile entre structures profondes et superficielles qui nous permet, au quotidien, de différer une envie, d’éviter une fuite, ou simplement de vivre sans y penser.
Pendant l’accouchement, ce système est soumis à une distension extrême. Le périnée doit s’étirer considérablement pour permettre le passage du bébé, parfois jusqu’à plusieurs fois sa longueur initiale. Cette capacité d’adaptation est remarquable… mais elle a ses limites.
Dans certaines situations — notamment lorsque les contraintes mécaniques sont importantes (bébé de poids élevé, extraction instrumentale, travail long) — les tissus peuvent se déchirer. Si la déchirure reste superficielle, elle concerne principalement la peau et les muscles périnéaux. Mais lorsqu’elle est plus profonde, elle peut atteindre le sphincter anal, voire la muqueuse rectale.
On parle alors de déchirures du troisième ou du quatrième degré, regroupées sous le terme de lésions obstétricales du sphincter anal (LOSA).
Toute la difficulté est que ces lésions ne sont pas toujours visibles immédiatement. Certaines peuvent passer inaperçues, être sous-estimées ou imparfaitement réparées. Et même lorsque la cicatrisation semble correcte, l’équilibre global entre périnée et sphincter peut rester fragilisé.
C’est cette fragilité, parfois silencieuse pendant des années, qui peut ensuite s’exprimer sous forme de troubles de la continence.
Pourquoi ces lésions restent-elles si longtemps dans l’ombre ?
L’incontinence anale est encore aujourd’hui un sujet difficile à aborder. Il touche à l’intime, au contrôle, à quelque chose de profondément humain et social. Beaucoup de femmes n’osent pas en parler, même à leur médecin. Certaines pensent que cela fait “partie du jeu” après un accouchement. D’autres minimisent, s’adaptent, modifient leur quotidien sans mettre de mots sur ce qu’elles vivent.
Ce silence a des conséquences directes : les LOSA sont largement sous-diagnostiquées. On estime qu’elles concernent entre 1 et 5 % des accouchements lorsqu’elles sont identifiées, mais leur fréquence réelle est probablement bien plus élevée si l’on inclut les formes non détectées.
Des symptômes parfois immédiats… parfois très tardifs
L’incontinence anale est encore aujourd’hui un sujet difficile à aborder. Il touche à l’intime, au contrôle, à quelque chose de profondément humain et social. Beaucoup de femmes n’osent pas en parler, même à leur médecin. Certaines pensent que cela fait “partie du jeu” après un accouchement. D’autres minimisent, s’adaptent, modifient leur quotidien sans mettre de mots sur ce qu’elles vivent.
Ce silence a des conséquences directes : les LOSA sont largement sous-diagnostiquées. On estime qu’elles concernent entre 1 et 5 % des accouchements lorsqu’elles sont identifiées, mais leur fréquence réelle est probablement bien plus élevée si l’on inclut les formes non détectées.
Poser un diagnostic : une étape clé, souvent libératrice
Le diagnostic des LOSA repose d’abord sur une écoute attentive. Mettre des mots sur ses symptômes est déjà une étape essentielle, parfois difficile, mais profondément libératrice.
L’examen clinique, réalisé par un professionnel de santé formé, permet d’évaluer le périnée et la fonction sphinctérienne. Si nécessaire, des examens comme l’échographie endoanale ou la manométrie viennent préciser la situation.
L’objectif n’est pas seulement de “constater” une lésion, mais de comprendre comment le corps fonctionne aujourd’hui, et comment il peut être aidé.
Qui consulter en cas de suspicion de LOSA ou d’incontinence anale ?
C’est souvent la première difficulté : savoir à qui s’adresser.
Lorsque des symptômes apparaissent, même discrets, comme des fuites de gaz, une difficulté à se retenir, ou une urgence à aller à la selle, il est important de ne pas rester seule. Ce sont des signes qui méritent une évaluation médicale.
Le premier interlocuteur peut être votre médecin généraliste, votre gynécologue, votre kinésithérapeute spécialisé ou votre sage-femme, en particulier si ces symptômes sont apparus après un accouchement. Ces professionnels peuvent réaliser une première évaluation, poser les bonnes questions, et orienter si nécessaire.
Dans un second temps, il est souvent utile de consulter un spécialiste formé aux troubles de la continence :
- Un proctologue, spécialiste du rectum et de l’anus
- Un gastro-entérologue ayant une expertise en pelvi-périnéologie
- Ou un gynécologue spécialisé en pathologie du périnée
Dans certains centres, il existe des consultations dédiées appelées consultations de pelvi-périnéologie, où plusieurs expertises sont réunies. Ce type de prise en charge globale est particulièrement intéressant, car il permet d’aborder la continence dans toute sa complexité.
Comment se déroule le diagnostic ?
Le diagnostic des LOSA ne repose pas uniquement sur un examen technique. Il commence avant tout par une écoute attentive.
Le professionnel de santé va vous poser des questions précises sur vos symptômes :
- Depuis quand sont-ils présents ?
- Dans quelles situations surviennent-ils ?
- Leur fréquence, leur impact au quotidien
Cette étape est fondamentale. Elle permet de comprendre votre vécu et d’orienter les examens.
L’examen clinique est généralement simple et non douloureux. Il permet d’évaluer :
👉La tonicité du périnée
👉 La force de contraction
👉 La qualité du sphincter anal
Si nécessaire, des examens complémentaires peuvent être proposés pour affiner le diagnostic :
- échographie endoanale, qui visualise précisément l’intégrité du sphincter
- manométrie anorectale, qui mesure les pressions et le fonctionnement des muscles
Ces examens ne sont pas systématiques, mais ils sont très utiles en cas de doute ou de symptômes persistants.
Quelles solutions quand on souffre d’incontinence anale liée à des LOSA ?
La prise en charge des LOSA et de l’incontinence anale est toujours personnalisée. Elle dépend de la sévérité des symptômes, de l’ancienneté des lésions, et surtout de vos attentes.
Dans la majorité des cas, on privilégie une approche progressive.
La rééducation périnéale et anorectale est souvent la première étape. Réalisée par un kinésithérapeute spécialisé, elle permet de :
- Renforcer les muscles du périnée
- Améliorer la coordination avec le sphincter anal
- Retrouver des sensations et un meilleur contrôle
Cette étape est essentielle, mais elle n’est pas toujours suffisante, notamment en cas de lésion anatomique du sphincter.
Dans ces situations, des solutions complémentaires peuvent être proposées pour sécuriser le quotidien.
C’est le cas de certains dispositifs médicaux conçus pour améliorer la continence de manière mécanique. Le Renew Insert, par exemple, agit comme un soutien interne temporaire au niveau anal. Utilisé de façon ponctuelle ou régulière selon les besoins, il permet de prévenir les fuites et de redonner de la sérénité dans des moments clés de la vie quotidienne.
L’intérêt de ce type de solution est qu’elle s’intègre facilement dans une stratégie globale : elle ne remplace pas la rééducation, mais vient en complément, pour améliorer concrètement la qualité de vie, sans geste invasif.
Dans les formes plus sévères ou en cas d’échec des traitements conservateurs, d’autres options peuvent être discutées avec un spécialiste :
Réparation chirurgicale du sphincter
Neuromodulation sacrée
Ou autres techniques spécifiques
Mais ces approches concernent des situations bien particulières, et ne sont envisagées qu’après une évaluation complète.
Renew Insert, pour retrouver de la sérénité au quotidien
Le Renew Insert est un tampon anal en silicone conçu pour aider à prévenir les fuites de selles et de gaz. Placé directement dans le canal anal, il agit comme une barrière mécanique discrète et confortable, permettant de retrouver davantage de confiance dans les activités de la vie quotidienne.
Il s'agit d'un dispositif médical qui doit être utilisé après avis d'un professionnel de santé.
Des données cliniques ont montré une réduction importante des épisodes de fuites chez les personnes présentant une incontinence anale légère à modérée.

Un parcours de soins à construire… et à adapter dans le temps
Ce qu’il est important de comprendre, c’est que la prise en charge des LOSA n’est pas figée. Elle évolue avec vous, avec votre corps, avec votre vie.
Certaines femmes auront besoin d’une rééducation à un moment donné, puis d’un soutien ponctuel dans certaines situations. D’autres préféreront une approche plus technique. Il n’y a pas une seule bonne solution, mais une combinaison de solutions adaptées à chaque étape.
Et surtout, il n’est jamais trop tard pour consulter.
Même des années après un accouchement, même si les symptômes semblent “gérables”, une prise en charge peut faire une réelle différence.
Peut-on prévenir les LOSA ?
C’est probablement l’un des angles les plus importants, et pourtant encore insuffisamment exploité.
Toutes les lésions obstétricales du sphincter anal ne peuvent pas être évitées. L’accouchement reste un processus complexe, multifactoriel, où interviennent la position du bébé, la durée du travail, la qualité des tissus, ou encore les conditions d’extraction.
Mais réduire le risque, mieux préparer le corps, optimiser les capacités d’adaptation du périnée : tout cela est possible.
Pendant longtemps, la préparation à l’accouchement s’est concentrée sur la respiration, la gestion de la douleur, ou les aspects émotionnels. Aujourd’hui, on comprend de mieux en mieux l’importance d’une préparation périnéale spécifique, à la fois mécanique et sensorielle.
L’objectif n’est pas de “muscler” ou de “renforcer” à tout prix, mais d’aider les tissus périnéaux à :
- Gagner en élasticité et en souplesse
- Mieux se relâcher au moment de l’expulsion
- Améliorer la perception et le contrôle
Cette approche permet potentiellement de limiter les contraintes excessives exercées sur le périnée et les structures profondes, dont le sphincter anal.
Dans ce contexte, certains dispositifs dédiés à la préparation périnéale trouvent leur place. Des solutions comme Emagina, par exemple, proposent un travail progressif et personnalisé des tissus, permettant aux femmes de se familiariser avec les sensations d’étirement, de mieux comprendre leur périnée, et de l’accompagner en douceur vers l’accouchement.
Il ne s’agit pas d’une garantie, aucune méthode ne peut promettre l’absence de déchirure périnéale lors de l’accouchement, mais plutôt d’un outil supplémentaire pour mettre toutes les chances de son côté, dans une logique d’anticipation et d’empowerment.
Et c’est peut-être là que réside le véritable changement de paradigme : passer d’une approche réparatrice à une approche préventive, active, et éclairée.

Préparer son périnée avant l'accouchement avec Emagina
Même si toutes les lésions obstétricales ne peuvent pas être évitées, préparer son périnée pendant la grossesse peut faire partie d'une démarche globale de prévention, en complément du suivi par votre sage-femme ou votre obstétricien.
La sonde connectée Emagina a été conçue pour accompagner cette préparation grâce à des exercices progressifs de relaxation, d'assouplissement et de prise de conscience du périnée.
Son objectif est d'améliorer la souplesse des tissus périnéaux et d'aider les futures mamans à mieux connaître leur corps afin d'aborder l'accouchement avec davantage de confiance.
Reprendre le contrôle, sans honte
Vivre avec une incontinence anale, même légère, peut profondément affecter la qualité de vie. Mais rester seule avec ces symptômes n’est pas une solution.
Les LOSA nous rappellent une chose essentielle : le corps garde une mémoire de l’accouchement. Et cette mémoire mérite d’être entendue, comprise, accompagnée.
Chez MyLittlePessaire, nous sommes convaincues que chaque femme mérite des réponses claires, des solutions adaptées, et surtout un espace sans jugement pour parler de ces sujets.
Parce que retrouver le contrôle, ce n’est pas seulement une question de muscles.
C’est une question de connaissance, de confiance… et de liberté retrouvée. 💛











