Mon/ma partenaire va-t-il/elle se rendre compte que j’ai un prolapsus ?

 

Il s’agit d’une préoccupation très courante (et normale) parmi les femmes ayant un prolapsus qui ont ou envisagent d’avoir une activité sexuelle. 

Nous pouvons bien sûr nous faire l’écho d’une réponse assez classique et qui se veut rassurante (et qui l’est en partie !) : le/la partenaire, à moins d’être gynécologue (ou professionnel de santé en général), a peu de chances de détecter un changement dans votre anatomie (donc, tout va bien !).

Il est en effet possible que votre partenaire ne remarque pas les changements au niveau de votre vagin ou de votre périnée. Les prolapsus débutants ne se font souvent ressentir qu’en position debout (merci la gravité). En position couchée, il est courant que les symptômes du prolapsus soient moins visibles (voire disparaissent). Et pour celles dont le prolapsus est plus important, il est toujours possible que votre partenaire, dans le feu de l’action, ne le remarque pas.

 

Toutefois, vous faites peut-être partie des nombreuses femmes qui ont initialement identifié leur propre prolapsus par une inspection visuelle ou au toucher. Et si c’est le cas, vous savez donc qu’il n’y a pas nécessairement besoin d’avoir des connaissances en médecine ou en anatomie pour détecter un prolapsus.

Alors certes, il peut être difficile de diagnostiquer un prolapsus sans formation médicale. Mais il y a des cas où votre partenaire pourrait être capable de voir ou de sentir votre prolapsus pendant un rapport sexuel. La réalité est que, pour de nombreuses femmes, la descente du/des organe(s) et/ou du fond vaginal peut affleurer ou dépasser la vulve (l’entrée du vagin) et donc être visible pour elles et potentiellement pour leur partenaire. De même, nombreuses sont les femmes dont le prolapsus se traduit par une sorte de “boule” (hernie) dans le vagin, qui peut éventuellement être sentie par leur partenaire. 

 

Il nous semble donc un peu réducteur, voire invalidant, de se limiter à l’argument “personne ne le remarquera” pour rassurer ces femmes et les aider à être à l’aise pour avoir des rapports sexuels. Cela pourrait même nourrir la croyance qu’avoir un prolapsus important ou extériorisé empêcherait une personne d’être attirante, ou la rendrait moins sexy ou moins désirable.

Et si on essayait une nouvelle approche ?

Si votre partenaire remarque votre prolapsus, est-ce vraiment grave ?

Et si cela pouvait être acceptable ? Et si on arrivait à considérer cela comme normal, et à lâcher prise ? Et si la honte qui accompagne souvent le prolapsus n’avait pas lieu d’être, et qu’elle pouvait s’atténuer considérablement en en parlant avec son partenaire ? Et si on trouvait finalement dans cette approche et ce dialogue un soutien, de la bienveillance et de la force pour apprendre à s’aimer et se réconcilier avec son corps ? 

Il est tout à fait normal d’être préoccupée par la perspective de l’intimité si vous avez un prolapsus (ou toute autre pathologie pelvi-périnéale). Alors parlons-en, brisons le silence et la honte. 

Et n’hésitez surtout pas à aborder ce sujet avec votre professionnel de santé !

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