1. Le pessaire : quoi, pourquoi, pour qui?

Qu’est-ce qu’un pessaire ?

Le pessaire est un dispositif médical sûr, efficace et simple, offrant une solution non-invasive et réversible à un certain nombre de troubles du plancher pelvien. Il s’agit d’un traitement de première intention, dit « conservateur », pour toutes les femmes souffrant de prolapsus génital (hystérocèle, cystocèle et rectocèle) et/ou d’incontinence urinaire à l’effort, permettant de restaurer leur qualité de vie et leur liberté.

Conçu pour être inséré au fond du vagin, le pessaire permet de repositionner les organes concernés afin de limiter la gêne fonctionnelle du prolapsus ou de reprendre le contrôle du débit urinaire. Il vise donc à réduire la symptomatologie du prolapsus ou d’une faiblesse du plancher pelvien.

Le pessaire est un formidable outil au service de la femme et de son périnée. Il est complémentaire à toutes les autres approches dans le traitement et/ou la prévention des troubles liés au relâchement des muscles pelviens.

Pourquoi un pessaire ?

Le pessaire est la solution optimale pour la prévention, l’évaluation ou le traitement du prolapsus génital ou de l’incontinence urinaire à l’effort.

Traitement dit « conservateur », le pessaire est une solution réversible et non-invasive. Il s’agit du seul traitement médical du prolapsus en dehors de la chirurgie.

L’efficacité du pessaire (on observe un taux de satisfaction chez les patientes de 70 à 92% selon les études), sa quasi innocuité (les rares cas d’effets secondaires sont sans gravité et exclusivement liés à un pessaire négligé) et sa complémentarité avec les autres approches thérapeutiques en font une solution de première intention.

Qu’une solution chirurgicale soit ou non envisagée, le pessaire est un outil puissant au service de la femme. Il peut être selon les indications médicales et selon vos besoins :

  • Un traitement long-terme voire définitif, alternatif à la chirurgie :
    • Si votre cas présente des contre-indications à la chirurgie ;
    • Si vous ne souhaitez pas vous faire opérer ;
    • Lorsque le professionnel de santé estime qu’une solution conservatrice sera plus adaptée
  • Un traitement transitoire dans l’attente de la chirurgie
    • L’opération ne peut pas toujours avoir lieu rapidement, pour des raisons qui peuvent être médicales ou sociales. Dans ce cas, le pessaire apporte une solution idéale pour vous soulager et vous permettre de vivre une vie normale et active en attendant l’opération.
  • Un outil de diagnostic et d’aide à la décision d’une chirurgie:
    • Le pessaire permet d’évaluer et d’anticiper l’impact de la chirurgie sur la symptomatologie, et de démasquer une éventuelle incontinence qui apparaîtrait après l’opération ;
    • Il permet également de vous aider à mûrir une décision quant à une éventuelle chirurgie, ou de vous rassurer sur les effets de l’opération.
  • Un outil de préparation à la chirurgie
    • Le pessaire permet d’optimiser les conditions de l’opération en améliorant la trophicité des muqueuses ou en soulageant une éventuelle inflammation ou ulcération liée à la pression exercée par les organes concernés par le prolapsus et en limitant les risques infectieux.
  • Un traitement court-terme de confort en accompagnement d’une rééducation
    • Dans le cadre d’une grossesse ou en post-partum, pour soulager la pression exercée sur le plancher pelvien ou lorsque la grossesse provoque un prolapsus ou une incontinence ;
    • Lors de la pratique d’activités physiques provoquant des fuites urinaires ou une sensation de pesanteur pelvienne.
  • Un outil de prévention lors d’efforts physiques
    • À tout âge, pour les femmes pratiquant des sports d’impact à risque pour le périnée, afin de limiter les risques ultérieurs de prolapsus génital ou d’incontinence (course à pied, volleyball, handball, football, crossfit, danse, zumba…) ;
    • Pour les femmes exerçant un métier nécessitant des efforts physiques intenses répétés (port ou traction de lourdes charges par exemple) ;
    • Pour les femmes souffrant de problèmes respiratoires chroniques provoquant des toux fréquentes et intenses.

Le pessaire représente de plus une solution quasi universelle : les différents modèles et tailles disponibles permettent de s’adapter à près de 90% des femmes et à toutes les pathologies.

Enfin, la plupart des pessaires peuvent être gérés en toute autonomie, ce qui vous permet d’adapter votre traitement à vos besoins et à vos attentes, tout en apprenant à mieux connaître votre corps et votre intimité.

Quelles sont les indications du pessaire ?

Le pessaire est indiqué dans le traitement des troubles pelviens liés au relâchement ou à une distension des ligaments auxquels sont suspendus les organes pelviens : prolapsus utérin (descente de l’utérus), cystocèle (descente de la vessie), rectocèle (descente du rectum), incontinence urinaire à l’effort. Il est indiqué en alternative ou en complément de la chirurgie.

Il représente une alternative à la chirurgie lorsque celle-ci est contre-indiquée, que la patiente ne souhaite pas se faire opérer, ou lorsque la chirurgie échoue. Le pessaire est une solution de long terme idéale, puisqu’il soulage les symptômes en repositionnant les organes et peut être porté sans risque pendant des années, grâce à sa composition en silicone médical de très haute qualité hypoallergénique très bien tolérée par le corps.

Si la chirurgie du prolapsus ou de l’incontinence a fait de gros progrès – elle est moins invasive, nécessite moins de temps d’hospitalisation, a de meilleurs résultats – des aléas subsistent néanmoins (survenue ou aggravation d’une incontinence), et des incidents ou récidives sont possibles. Comme toute chirurgie, elle comporte quelques risques.

Lorsque la chirurgie est indiquée et souhaitée par le professionnel de santé et/ou par la patiente, le pessaire joue également un rôle important et représente un accessoire très utile au service de la patiente.

Le pessaire est une précieuse aide au diagnostic et à la décision d’effectuer ou non une chirurgie, car il permet d’évaluer et d’anticiper l’impact de la chirurgie sur les symptômes ainsi que les éventuels risques (incontinence masquée par exemple), ce qui permet de déterminer si la chirurgie répondra aux attentes de la patiente.

En préopératoire, le pessaire permet :

  • de soulager la patiente et de lui permettre de mener sa vie normalement lorsque l’opération n’est pas réalisable immédiatement, pour des raisons qui peuvent être sociales ou médicales
  • d’optimiser les conditions de l’opération en améliorant la trophicité des muqueuses ou en soulageant une éventuelle inflammation ou ulcération liée à la pression exercée par les organes concernés par le prolapsus et en limitant les risques infectieux

En synthèse, le pessaire apporte aux femmes une solution :

  • de traitement alternatif à la chirurgie
  • d’attente de la chirurgie
  • de diagnostic et d’aide à la décision d’une chirurgie
  • de préparation à la chirurgie

Porter un pessaire peut-il empêcher les fuites urinaires ? Est-ce une solution efficace contre l’incontinence urinaire ?

Porter un pessaire peut vous aider à solutionner efficacement des fuites urinaires légères ou une incontinence urinaire à l’effort. Vous pouvez le porter en continu ou uniquement au moment des activités provoquant les fuites, en fonction de vos besoins.

Certains modèles de pessaires peuvent être plus adaptés que d’autres au traitement de l’incontinence urinaire d’effort : c’est notamment le cas du Cube, du Dish Urétral et du Donut.

Il est à noter que dans certains cas, porter un pessaire peut au contraire dévoiler une incontinence urinaire masquée par le prolapsus.

Consultez un professionnel de santé afin de déterminer le modèle qui vous conviendrait le mieux et répondrait le mieux à vos attentes.

Le pessaire va-t-il traiter ma pathologie et améliorer mon état ? Ou est-ce uniquement un moyen de soulager mes symptômes ?

Le pessaire soulage vos symptômes pendant que vous le portez, et permet d’éviter que le prolapsus ne continue à s’aggraver.

On observe parfois une diminution de la sévérité du prolapsus grâce au port d’un pessaire, et une amélioration de la condition de la patiente. Aux Etats-Unis, une étude auprès des gynécologues et urologues américains a montré que 48% d’entre eux observent une amélioration de l’état de certaines de leurs patientes avec une diminution de la sévérité de leur prolapsus consécutivement à un traitement avec pessaire.

Une autre étude, menée auprès de patientes équipées d’un pessaire, a montré une diminution de la sévérité du prolapsus au niveau de la paroi vaginale antérieure dans 33% des cas.

Il n’est pas rare que des femmes aient de moins en moins besoin de porter leur pessaire. Il est possible que vous ayez besoin de porter votre pessaire en continu les premiers mois ou la première année, puis que vous adaptiez en ne le portant que quelques jours dans la semaine ou lors d’efforts spécifiques ou de longues marches ou stations debout par exemple.

Un pessaire peut-il être un moyen de prévention des troubles du plancher pelvien ?

Porter un pessaire permet de stopper l’aggravation du prolapsus. Il est donc très important d’envisager cette solution au début d’un prolapsus, ou pour un prolapsus peu important n’entraînant pas encore de symptômes (ou peu).

En outre, porter un pessaire lors d’activités « à risque » pour le périnée permet d’apporter un soutien supplémentaire aux muscles du plancher pelvien et de compenser les pressions intra-abdominales exercée sur ces muscles et responsables de leur affaiblissement. Vous pouvez par exemple porter un pessaire pendant vos séances de sport, lors d’un déménagement, ou d’un épisode de toux intensive (en période allergique par exemple).

Le pessaire peut ainsi apporter une solution de prévention efficace contre les troubles du plancher pelvien comme le prolapsus génital ou l’incontinence urinaire d’effort.

Certains modèles de pessaires peuvent être plus adaptés que d’autres à cette utilisation préventive, en particulier le cube. L’effet de succion généré par les parois concaves du cube sur les parois du vagin permet de solliciter certaines fibres musculaires et de compenser les « mauvaises » pressions intra-abdominales subies. De plus, la possibilité de l’insérer et de le retirer facilement de manière autonome, sans l’intervention d’un professionnel de santé, est un avantage supplémentaire à son utilisation en tant qu’accessoire de prévention.

Quels sont les différents modèles de pessaires existants ? Comment savoir quel modèle me convient le mieux ?

Il existe deux types de pessaires :

Les pessaires dits de « soutien », parmi lesquels :

  • Les pessaires Anneaux
  • Les pessaires Dish

Les pessaires dits de « comblement », parmi lesquels :

  • Les pessaires Cubes
  • Les pessaires Donut
  • Les pessaires Gellhorn

Le pessaire, pour être efficace et confortable, doit impérativement être adapté à votre besoin ou à votre pathologie, ainsi qu’à votre morphologie. Cela nécessite la plupart de temps de consulter et d’être examinée par un professionnel de santé.

Les pessaires de soutien sont en général ceux qui sont utilisés en première intention. Les pessaires de comblement sont généralement utilisés pour les prolapsus les plus avancés, ou lorsque les muscles pelviens ne parviennent pas à maintenir un pessaire de soutien.

Certains pessaires sont en outre spécifiquement indiqués dans le cas d’incontinence d’effort. Ces pessaires sont souvent équipés d’un « bouton » qui se place sous l’urètre afin de le remettre dans sa position initiale, qui lui permet de retenir l’urine lors d’une pression intra-abdominale ou d’un effort physique.

Certains modèles sont particulièrement indiqués pour la prévention des troubles du plancher pelvien, comme le cube grâce à son effet de succion.

Selon le modèle, le pessaire est plus ou moins facile à insérer et à retirer soi-même en autonomie, sans l’aide d’un professionnel de santé.

Le tableau ci-dessous vous aidera à déterminer les indications les plus courantes de chaque modèle de pessaire, la facilité d’insertion et de retrait, la nécessité d’un retrait quotidien ou non. Ces indications sont importantes dans le choix du modèle de pessaire que vous porterez.

Type de pessaire Prolapsus grade I/II Prolapsus grade III/IV Incontinence urinaire d’effort Insertion Retrait Retrait quotidien obligatoire Rapports sexuels possibles
Anneau X X X Facile Facile Non Oui
Anneau avec support X X X Facile Facile Non Oui
Cube X X X Moyen Moyen/Difficile Oui Non
Dish avec bouton X
X Facile Facile Non Oui
Donut X X X Moyen/Facile Moyen/Difficile Non Non
Gellhorn
X X Moyen Moyen Non Non

Les informations reportées dans le tableau ci-dessus sont données à titre indicatif et sont basées sur la règle du plus grand nombre. Elles peuvent varier d’une femme à l’autre, en fonction de sa morphologie, de son agilité avec le pessaire, et d’autres éléments.

Le pessaire est-il réservé aux femmes ménopausées ou âgées ?

Le pessaire est utilisé par des femmes de tout âge, y compris par des femmes sportives et des femmes enceintes ou jeunes mamans.

Il peut vous accompagner tout au long de votre vie de femme, en particulier :

  • Lors de la pratique sportive
  • Lors de la grossesse, ou après l’accouchement
  • Autour de la ménopause

Je suis enceinte / j’ai accouché récemment. Un pessaire peut-il m’aider ?

Le pessaire peut être indiqué pour accompagner la femme enceinte (attention, pas de pose de pessaire durant le premier trimestre de la grossesse toutefois) ou la jeune maman. Il n’est pas rare qu’une femme qui vient d’accoucher ait un prolapsus, qui peut être important voire complètement extériorisé. Il est possible de porter un pessaire immédiatement après l’accouchement, selon les indications de votre médecin.

Il n’est en outre pas possible d’opérer un prolapsus avant un certain délai après l’accouchement, car le corps n’a pas encore totalement récupéré et il y a donc un risque d’aboutir à une hyper-correction, si la récupération se poursuit après l’opération. Ce délai peut être plus long si la femme allaite son enfant : l’état hormonal lié à la lactation ralentit le processus de récupération, et le prolapsus peut durer plus longtemps.

Porter un pessaire est donc la solution de première intention pour vous soulager après l’accouchement en attendant d’avoir parfaitement récupéré. Si le prolapsus se résorbe, vous pourrez tout simplement arrêter de porter le pessaire. Sinon, vous pourrez continuer à le porter et/ou envisager une opération chirurgicale en fonction des indications médicales et de vos éventuels désirs de grossesse.

Pendant ou après la grossesse, un pessaire peut également vous permettre de soulager une sensation de pesanteur pelvienne et de pression sur la zone périnéale. Vous pouvez par exemple le porter lorsque vous ressentez ces sensations, ou lorsque vous devez maintenir la station debout de manière prolongée, ou encore avant de sortir pour une longue marche ou pour faire des courses.

Porter un pessaire peut enfin vous soulager si vous avez quelques fuites ou souffrez d’une incontinence urinaire d’effort, en soulageant la pression exercée par certains organes. Cela peut notamment être un très bon complément à votre rééducation périnéale après l’accouchement. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme ou à votre kinésithérapeute.

En synthèse, un pessaire peut vous aider à :

  • soulager un certain nombre de troubles ou d’inconforts pendant ou après la grossesse (sensation de pesanteur pelvienne, fuites urinaires / incontinence urinaire d’effort)
  • soulager un prolapsus léger, moyen ou important après la grossesse.

Je fais régulièrement du sport, porter un pessaire peut-il être utile ?

Le pessaire est très utile dans le cadre de la pratique de certains sports à fort impact périnéal : course à pied, trampoline, basketball, handball, football, équitation, zumba, et tout autre sport impliquant des sauts ou de la course. Ces activités contribuent à affaiblir le périnée à cause d’une pression intra-abdominale importante et répétée et peuvent déclencher de légères fuites, voire une incontinence urinaire d’effort. Ils peuvent également augmenter la probabilité de souffrir d’un prolapsus génital (descente d’organes) ou d’une incontinence quelques années plus tard.

Si les sportives régulières ou de haut niveau sont les plus exposées, les sportives régulières ou occasionnelles, y compris à l’adolescence, peuvent être concernées.

Le pessaire, porté pendant l’effort physique, est un accessoire qui s’avère utile pour la sportive, qu’elle soit ou non déjà touchée par ces troubles :

  • Il permet d’empêcher les fuites ou l’incontinence pendant la pratique, et de pratiquer son sport plus sereinement ;
  • Il permet de contenir et de limiter les effets des hyperpressions intra-abdominales et a donc un rôle de protection de la sangle périnéale.

Le port d’un pessaire pendant la pratique d’un sport peut être accompagnée d’une rééducation préventive du périnée.

2. Le pessaire : comment ça se passe

Est-il nécessaire d’avoir une prescription médicale pour porter un pessaire ?

Les pessaires sont en vente libre et vous pouvez acheter un pessaire en ligne, voire en pharmacie, sans avoir à fournir d’ordonnance.

Toutefois, il est important d’être suivie et encadrée par un professionnel de santé lors de l’achat et du port d’un pessaire. Seul un professionnel de santé peut déterminer si le pessaire est une solution adaptée à votre situation, ainsi que le bon modèle et la bonne taille. Pour ce faire, il doit vous examiner, afin d’adapter la prescription du pessaire à votre pathologie et à votre morphologie.

De plus, certains modèles de pessaires sont difficiles à retirer et à nettoyer soi-même, et il faut alors le faire faire par un professionnel de santé en consultation.

Qui peut assurer la prescription d’un pessaire et/ou en assurer le suivi ?

Plusieurs médecins peuvent prendre en charge un projet de pessaire et le suivi nécessaire :

  • Un gynécologue
  • Un urologue
  • Un médecin généraliste
  • Un gériatre

Un kinésithérapeute est également apte à le faire, soit dès la prescription, soit en relais du médecin qui assure la première consultation et la première prescription, et en l’absence d’effets secondaires qui pourraient être liés au port du pessaire.

Une sage-femme peut également assurer le suivi du pessaire une fois la première prescription effectuée.

Comment puis-je trouver un professionnel pour m’accompagner avec mon pessaire ?

Plusieurs médecins peuvent prendre en charge un projet de pessaire et le suivi nécessaire :

Un gynécologue
Un urologue
Un médecin généraliste
Un gériatre

Un kinésithérapeute est également apte à le faire, soit dès la prescription, soit en relais du médecin qui assure la première consultation et la première prescription, et en l’absence d’effets secondaires qui pourraient être liés au port du pessaire.

Une sage-femme peut également assurer le suivi du pessaire une fois la première prescription effectuée.

Comment se déroule une consultation d’essai de pessaires ?

Le choix du pessaire passe obligatoirement par l’examen clinique et le dialogue avec la patiente.

Le professionnel de santé vérifie en premier lieu s’il y a un col utérin, ce qui permet d’utiliser un pessaire dit de support ou de soutènement (type anneau). S‘il n’y a plus de col, seul un pessaire de comblement (de type cube ou Gellhorn) pourra être posé. Il en va de même si votre plancher pelvien est trop faible pour maintenir un pessaire de support.

Il s’assure également de la volonté et de la capacité de la patiente à gérer son pessaire elle-même au quotidien. Un pessaire cube ne pourra être prescrit qu’à cette condition. Une femme qui ne souhaite pas retirer et remettre elle-même son pessaire, ou souhaite le faire sur une base non quotidienne, devra se voir prescrire un pessaire de type anneau, donut, Dish, ou Gellhorn, qui peuvent rester en place dans le vagin jusqu’à 3 mois en continu.

1.Déterminer la bonne taille

La taille du pessaire s’estime à l’aide d’un toucher vaginal. Le professionnel de santé placera le bout de son index droit dans le cul de sac postérieur du vagin et le bout de son medius juste derrière l’os pubien. Il évaluera ainsi la distance en millimètres entre ces 2 points. Cette valeur donnera la taille du pessaire à essayer (c’est-à-dire son diamètre extérieur). Les tailles les plus couramment prescrites se situent entre 60 et 70mm.

2.L’essai du pessaire

Une fois ces étapes réalisées, le professionnel de santé devra faire essayer, avec l’aide d’une bonne respiration (technique respiratoire issue du yoga de préférence) le pessaire à la patiente afin de s’assurer que le modèle et la taille choisis sont adéquats. Pour ce faire, il doit disposer à son cabinet d’un jeu de pessaires de tests. Pour une femme ménopausée en particulier, il est fréquent que le professionnel de santé prescrive un traitement hormonal local à démarrer avant la consultation d’essai de pessaires.

Une fois le pessaire en place, le professionnel de santé vérifiera s’il peut passer le bout du doigt entre le bord extérieur du pessaire et la paroi vaginale. S’il ne peut pas le faire, il conviendra d’essayer la taille immédiatement inférieure. Si au contraire son doigt passe trop facilement, il conviendra d’essayer la taille immédiatement supérieure. Le professionnel de santé doit sentir une certaine souplesse entre le pessaire et la paroi vaginale.

Une fois cette étape réalisée, si la taille semble convenir, le professionnel de santé demandera à la patiente de se mettre debout, de marcher, de taper des pieds sur le sol, de se pencher en avant, de s’accroupir, de tousser. Si le pessaire demeure bien en place et que la patiente ne ressent aucune gêne, alors le pessaire essayé est le bon. Il conviendra de terminer la vérification en demandant à la patiente d’aller uriner. Si elle peut le faire sans gêne et sans que le pessaire ne tombe, l’essai sera terminé et le professionnel pourra prescrire ce modèle à la patiente.

Si en revanche le pessaire descend ou tombe, il conviendra d’en essayer un autre. Attention, un pessaire peut tomber parce qu’il est trop petit, mais également parce qu’il est trop grand et finit par se placer en position longitudinale. Un pessaire peut également tomber si le modèle ne convient pas : des muscles pelviens trop faibles peuvent ne pas parvenir à maintenir un pessaire dit de support ou de soutènement, et nécessitent alors le recours à un pessaire de comblement, en particulier à un cube, qui tiendra mieux grâce à l’effet ventouse exercé sur la paroi vaginale.

L’essai est parfois très rapide, et le premier pessaire essayé convient. D’autres fois, il faut en essayer plusieurs et la consultation peut durer jusqu’à une demi-heure. L’expérience montre qu’en moyenne, 3 ou 4 modèles doivent être essayés pour trouver le bon (en général les tailles les plus fréquemment prescrites).

La taille la mieux adaptée est en générale la plus petite taille possible ne glissant pas et ne tombant pas.

3.L’apprentissage de la gestion du pessaire

Le professionnel de santé devra impérativement s’assurer de la capacité de la patiente à retirer et réinsérer elle-même son pessaire avant de mettre fin à la consultation, surtout si c’est un cube qui est prescrit. Il expliquera également à sa patiente comment le nettoyer et l’entretenir, et la nécessité d’un suivi régulier en consultation pour les femmes ne retirant pas quotidiennement leur pessaire.

Comment se déroule le suivi avec mon professionnel de santé lorsque je porte un pessaire ?

Après la pose du pessaire, la patiente devra être suivi régulièrement (tous les 3 mois environ) par un professionnel de santé. Le délai peut être plus long si la patiente retire le pessaire de temps en temps et le nettoie. La fréquence du suivi sera déterminée par le professionnel de santé.

Plus vous retirez régulièrement le pessaire, moins un suivi rapproché avec votre professionnel de santé sera nécessaire. En effet, retirer votre pessaire régulièrement permet une hygiène plus rigoureuse limitant les risques d’infections locales, ainsi que de limiter le risque d’érosion et les douleurs en diminuant le temps de présence du pessaire dans la cavité vaginale.

Lors de ces rendez-vous de suivi, votre professionnel de santé retirera le pessaire et s’assurera qu’il est toujours en bon état et qu’il s’agit toujours du modèle et de la taille la plus adaptée pour vous. Si c’est bien le cas, il le repositionnera après l’avoir nettoyé et vous avoir examinée. Sinon, il vous fera essayer de nouveaux pessaires et vous prescrira le mieux adapté.

De plus, il n’est pas rare qu’il soit nécessaire au bout de quelques mois ou de quelques années de changer de taille ou de modèle de pessaire, en fonction de l’évolution de votre pathologie et de la tonicité des muscles de votre plancher pelvien. Il est important d’adapter le pessaire afin d’en assurer l’efficacité tout en assurant votre confort au quotidien.

Pourquoi est-il important que le pessaire soit en silicone ?

Le silicone médical est la matière la mieux tolérée par les muqueuses même lors d’un contact prolongé pendant plusieurs mois, et ne déclenche pas de réactions allergiques ou d’irritations, au contraire du latex ou du plastique.

Sa souplesse et sa flexibilité en font également le matériau le plus confortable, et le plus facile à manipuler, notamment lors de l’insertion et du retrait du pessaire.

Enfin, le silicone est non poreux, il ne favorise donc pas la pullulation microbienne à la surface du pessaire, à l’inverse de matières poreuses comme le latex.

Existe-t-il une prise en charge pour les pessaires ?

Les pessaires ne sont malheureusement pas pris en charge par l’Assurance Maladie.

Toutefois, nos pessaires sont fabriqués en silicone de grade médical de haute qualité, ce qui leur donne une durée de vie moyenne de 2 à 3 ans et une grande résistance à l’usure. Vous n’avez donc pas besoin de le renouveler souvent, ce qui constitue un avantage financier non négligeable.

3. Prolapsus, incontinence : quand le périnée a besoin de soutien

Qu’est-ce qu’un prolapsus ?

Un prolapsus est la descente d’un organe ou d’une partie d’un organe. Il existe notamment des prolapsus de la paupière, ou encore des prolapsus des valves cardiaques.

Dans le langage courant, quand on parle de « prolapsus », on parle généralement de prolapsus génital, c’est-à-dire de la descente d’un ou plusieurs organes de la cavité pelvienne : vessie, utérus, rectum.

Le prolapsus génital est provoqué par des troubles de la statique pelvienne, qui se traduisent par un affaiblissement ou un étirement des ligaments auxquels sont suspendus les organes pelviens. Ces ligaments ne remplissent plus correctement leur fonction, qui est de maintenir à leur place ces organes. Ces derniers ont alors tendance à glisser vers le bas sous l’effet de la gravité, et à peser sur les muscles du plancher pelviens : le périnée. Lorsque ces muscles sont également affaiblis, relâchés ou trop étirés, les organes ne sont plus du tout maintenus et s’affaissent encore davantage à travers la paroi vaginale. La distension des ligaments aura alors tendance à s’accentuer, puisqu’ils ne bénéficient plus du soutien du périnée.

Le prolapsus génital est une pathologie qui touche majoritairement la femme, pendant la grossesse ou juste après l’accouchement, et autour de la ménopause. Les changements hormonaux qui se produisent à ces moments de la vie d’une femme entraînent en effet une perte d’élasticité et de tonicité des ligaments et fibres musculaires, qui ne parviennent plus à soutenir aussi bien les différents organes. Le travail lors de l’accouchement est également susceptible de distendre voire de déchirer les ligaments et/ou les muscles pelviens.

La prévalence de cette affection est élevée, on estime que près d’une femme sur deux, passée la ménopause, est atteinte d’un prolapsus génital, même s’il n’est pas toujours symptomatique. Il s’agit d’une affection courante, le diagnostic est donc clinique et rapide.

Quels sont les différents types de prolapsus génital ?

3 organes peuvent être concernés par le prolapsus génital :

  • La vessie
  • L’utérus
  • Le rectum

Le prolapsus de la vessie est appelé cystocèle : c’est le plus fréquent (80% des prolapsus pelviens). Il s’agit de l’extériorisation de la vessie dans le vagin par effondrement de la paroi antérieure du vagin. On parle également de cystoptôse, invisible à l’examen clinique, lorsque la vessie descend sans s’affaisser dans la paroi vaginale.

Le prolapsus de l’utérus est appelé hystérocèle (ou hystéroptôse). Il s’agit de l’extériorisation de l’utérus dans le vagin par effondrement des parois du vagin.

Le prolapsus du rectum est appelé rectocèle. Il s’agit de l’extériorisation du rectum dans le vagin par effondrement de la paroi postérieure du vagin.

Il est fréquent que des prolapsus de plusieurs organes soient associés.

Quels sont les symptômes du prolapsus génital ?

Les symptômes les plus courants du prolapsus génital sont des sensations de lourdeur et de pesanteur pelvienne, qui peuvent être accompagnées de douleurs spontanées ou lors des rapports sexuels. D’autres symptômes peuvent se manifester dans l’intimité sexuelle : perte de sensations, sensation de béance de la vulve, gêne lors de la pénétration.

Des troubles urinaires sont également des symptômes fréquents, notamment en cas de cystocèle (prolapsus de la vessie) : incontinence, difficultés à uriner, infections urinaires… Des troubles anaux (difficulté à aller à la selle ou incontinence anale) peuvent également être provoqués par un rectocèle (prolapsus du rectum).

La femme peut également sentir une boule à l’intérieur de son vagin, qui peut provoquer une gêne en continu, lors de certains mouvements, ou lors des rapports sexuels.

Quels sont les facteurs de risque du prolapsus génital ?

Les facteurs de risques du prolapsus génital sont nombreux et doivent souvent se combiner pour aboutir à une descente d’organes. Les facteurs les plus importants sont les facteurs obstétricaux et hormonaux, mais les facteurs liés au mode de vie ont également une incidence forte.

  • Facteurs obstétricaux : grossesse, accouchement par voie basse, multiparité, déchirure du périnée…
  • Facteurs hormonaux : ménopause, hypo-œstrogénie
  • Facteurs chirurgicaux : antécédents de chirurgie pelvienne
  • Facteurs liés à l’âge : vieillissement des tissus
  • Facteurs liés au mode de vie : certaines activités physiques (course à pied et sports d’impact d’une manière générale, efforts importants sur les abdominaux), métiers nécessitant de porter régulièrement de lourdes charges, modification de la statique pelvienne liée au port de certaines chaussures, obésité / surpoids
  • Facteurs gastroentérologiques : constipation chronique
  • Facteurs respiratoires : des quintes de toux violentes et fréquentes
  • Facteurs génétiques / héréditaires

Comment se déroule le bilan d’un prolapsus génital ?

Le bilan initial d’un prolapsus est clinique. Il est réalisé par un gynécologue, un urologue ou un médecin généraliste.

Le professionnel de santé vous installe sur une table d’examen gynécologique, vous examine à l’aide d’un spéculum et a à sa disposition un jeu de pessaires de test.

Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être réalisés, comme un examen cytobactériologique des urines et/ou une échographie pré et post-mictionnelle.

Après cette phase d’examen, votre professionnel de santé vous présente les propositions thérapeutiques : le pessaire, la rééducation et la chirurgie. Si vous êtes d’accord pour essayer le pessaire, le professionnel pourra passer à la phase suivante d’essai du pessaire.

Une rééducation périnéale peut-elle guérir mon prolapsus ?

Le périnée joue un rôle important dans le prolapsus, mais le rôle principal est joué par les ligaments auxquels sont suspendus les organes. C’est pourquoi, en général, une rééducation périnéale peut améliorer la situation et limiter l’évolution du prolapsus, mais rarement le résorber ou le faire régresser. Il n’est malheureusement pas possible de rééduquer les ligaments comme on le fait avec les muscles.

Toutefois, une rééducation musculaire du plancher pelvien peut soulager les ligaments en apportant un soutien plus important aux organes, et donc éviter que les ligaments ne se distendent encore davantage. En effet, sans le soutien apporté par un périnée tonique, les ligaments sont encore plus sollicités en portant seuls le poids des organes, et le prolapsus s’accentue.

La rééducation périnéale et le port d’un pessaire sont deux approches parfaitement complémentaires pour vous apporter le confort que vous recherchez.

4. Mon pessaire au quotidien

Un traitement hormonal local est-il nécessaire lors du port d’un pessaire ?

Un traitement hormonal local est souvent recommandé dans le cadre du port d’un pessaire, en particulier pour les femmes ménopausées ou approchant la ménopause. Il permet une diminution des éventuels effets secondaires grâce à une meilleure trophicité et une meilleure souplesse de la muqueuse vaginale.

Il est recommandé de commencer ce traitement quelques semaines avant les essais de pessaires chez votre professionnel de santé et le début du port de votre pessaire, afin d’améliorer l’élasticité des tissus et que les essais de pessaire soient plus confortables et plus simples.

Il appartient à votre professionnel de santé de vous prescrire ce traitement.

Comment dois-je entretenir et nettoyer mon pessaire ?

Il vous suffit de nettoyer votre pessaire avec de l’eau et du savon doux.

  1. Préparer une solution en mélangeant un savon doux avec de l’eau.
  2. Immerger le pessaire dans la solution et laisser tremper 5 min.
  3. Frotter le pessaire dans l’eau pendant au moins 15 secondes avec une brosse à poils doux (ex. une brosse à dents).
  4. Rincer abondamment sous l’eau courante, pendant au moins 30 secondes.
  5. Laisser sécher le pessaire.

Si vous portez un pessaire cube, vous devez procéder au retrait et au nettoyage tous les soirs avant le coucher.

Si vous portez un autre type de pessaire, même si ces pessaires peuvent être maintenus en place plusieurs mois, il est toujours préférable que vous puissiez le retirer et le nettoyer de temps en temps (une fois par semaine idéalement). Un professionnel de santé peut vous indiquer comment retirer, nettoyer et réinsérer votre pessaire.

Dois-je porter mon pessaire tous les jours ?

Après indication médicale, vous avez le choix entre le port quotidien ou occasionnel de votre pessaire.

Tout dépend de vos besoins, de votre ressenti, de vos activités, et de vos préférences personnelles.

Certaines femmes ont besoin de le porter en continu, d’autres ne portent leur pessaire qu’un jour sur deux, ou lorsqu’elles pratiquent certaines activités. Il arrive aussi que le besoin évolue avec le temps : les premiers mois ou années, vous pouvez avoir besoin de porter votre pessaire tous les jours, puis petit à petit n’avoir besoin que de le porter certains jours.

N’hésitez pas à demander à votre professionnel de santé à vous apprendre comment gérer votre pessaire de façon autonome en le retirant et en le réinsérant vous-même. Le pessaire est un accessoire qui vous permet d’être indépendante et de bien connaître votre corps et ses besoins.

Combien de temps puis-je garder mon pessaire ?

Un pessaire s’utilise « à la carte » en fonction de vos besoins.

La plupart des modèles peuvent être retirés et repositionnés facilement quand vous le souhaitez. Si vous n’avez besoin d’un pessaire que ponctuellement, lors de certains efforts physiques par exemple, ou de journées passées à marcher ou en station debout, vous pouvez insérer le pessaire et ne le conserver que pendant ces activités, les jours où vous en ressentez le besoin.

La plupart des modèles de pessaires peuvent être portés plusieurs semaines voire plusieurs mois d’affilée sans être retirés, si vous ne souhaitez pas avoir à vous en occuper quotidiennement où s’il vous est physiquement difficile de le faire. C’est le cas des pessaires Anneaux, des pessaires Donuts, des pessaires Dish ou des pessaires Gellhorn. Cependant, il est toujours recommandé, lorsque c’est possible, de retirer de temps en temps le pessaire (idéalement une ou plusieurs fois par semaine) pour le nettoyer et réduire au maximum d’éventuels effets secondaires (irritations, inconfort, déséquilibre de la flore vaginale, mycose ou vaginose…).

Un pessaire de type cube devra en revanche être retiré et nettoyé tous les soirs. Il faudra ensuite le laisser sécher à l’air libre et ne le remettre en place que le lendemain matin.

En fonction de l’intensité de votre utilisation, et de la durée pendant laquelle le pessaire est laissé dans votre vagin, sa durée oscillera entre 2 et 4 ans. Tant que votre pessaire n’est pas abîmé, il est inutile de le changer. En revanche, dès que vous détectez un signe de détérioration (fissure ou cassure sur la surface du silicone), il faut jeter le pessaire et le remplacer. Un pessaire abîmé peut provoquer des irritations ou blesser votre muqueuse.

Comment puis-je faciliter l’introduction ou le retrait de mon pessaire ?

Tout comme pour le tampon hygiénique ou la coupe menstruelle, insérer et retirer un pessaire peut demander un temps d’adaptation. Rassurez-vous, au bout de quelques jours, vous aurez trouvé votre « truc » et arriverez à manipuler votre pessaire facilement.

Nous vous recommandons d’utiliser un peu de gel lubrifiant afin de faciliter l’insertion ou le retrait de votre pessaire. Attention à n’utiliser que du gel lubrifiant à base d’eau, tout autre gel sera susceptible d’endommager le pessaire.

Lors de la consultation d’essai de pessaires avec votre professionnel de santé, n’hésitez pas à lui demander de vous apprendre à l’insérer et à le retirer en vous aidant de techniques respiratoires, et faites plusieurs essais au cabinet pour être certaine d’être prête lorsque vous serez chez vous avec votre pessaire. La technique peut varier en fonction du modèle de pessaire qui vous sera prescrit.

L’usage d’un miroir peut également vous aider.

Nous mettons à votre disposition des conseils et des instructions pour vous aider à prendre le pli avec votre pessaire.

Puis-je utiliser du lubrifiant pour faciliter l’introduction du pessaire ? Quel type de lubrifiant ?

Nous vous recommandons d’utiliser un peu de gel lubrifiant afin de faciliter l’insertion ou le retrait de votre pessaire.

Attention à n’utiliser que du gel lubrifiant à base d’eau, tout autre gel sera susceptible d’endommager le pessaire. C’est en particulier le cas des gels lubrifiants à base de silicone ou d’huile, ou encore de la vaseline, qui risquent de détériorer le silicone de votre pessaire, et de le rendre inutilisable ou blessant.

Il est également possible d’utiliser la crème œstrogénique éventuellement prescrite par votre médecin, ce qui permet à la fois de lubrifier votre pessaire et d’appliquer le traitement.

Où acheter un pessaire ?

Vous pouvez vous procurez votre pessaire sur notre site Internet ou en pharmacie.

Je ne souhaite pas/plus gérer mon pessaire tous les jours, existe-t-il des pessaires qui peuvent être laissés en place en continu ?

Les pessaires présentant un orifice suffisamment important peuvent être portés en continu, jusqu’à 3 à 4 mois d’affilée (la durée doit être évaluée et décidée par un professionnel de santé).

C’est le cas des modèles suivants :

  • Anneau
  • Anneau avec support
  • Dish
  • Donut
  • Gellhorn

Si vous choisissez de le porter en continu sans jamais le retirer, il est indispensable de consulter un professionnel de santé pour le suivi tous les 3 à 4 mois (la durée sera déterminée par votre professionnel de santé).

Le suivi peut être plus espacé si vous retirez le pessaire de temps en temps, une fois par semaine idéalement.

Quelle est la durée de vie d’un pessaire ?

Nos pessaires sont fabriqués en silicone médical de haute qualité et sont donc très résistants. Ils ont une durée de vie pouvant aller jusqu’à 4 ans. En moyenne, en fonction des femmes et de l’utilisation qu’elles en ont, nos pessaires durent au moins 2 à 3 ans.

Attention, la durée de vie de votre pessaire peut être fortement réduite par l’utilisation de produits non compatibles, comme des gels lubrifiants à base de silicone ou d’huile, ou encore de la vaseline.

Afin de préserver votre pessaire, n’utilisez que du gel lubrifiant à base d’eau. Vous pouvez également utiliser la crème œstrogénique éventuellement prescrite par votre médecin pour lubrifier votre pessaire et appliquer le traitement simultanément.

Dès qu’un signe de détérioration est visible (fissure ou cassure sur la surface du silicone), le pessaire doit être jeté et remplacé. Un changement de couleur léger est parfaitement normal et n’indique en rien une détérioration du pessaire. Un changement de couleur plus important en revanche indique que le pessaire a vieilli et qu’il devrait être changé.

Puis-je avoir des rapports sexuels avec un pessaire ?

Le port d’un pessaire peut permettre à la femme de poursuivre sa vie sexuelle normalement, et même d’en améliorer la qualité grâce au soulagement des symptômes liés au prolapsus. Le prolapsus peut en effet provoquer des sensations d’inconfort ou des douleurs lors des rapports sexuels, et le pessaire vous permettra de soulager ces symptômes.

Certains modèles permettent (la plupart du temps) les rapports sexuels tout en conservant le pessaire en place, sans gêne. C’est le cas du pessaire Anneau (avec ou sans support), parfois aussi du pessaire Dish.

La plupart des modèles de pessaire peuvent de plus être retirés facilement par la femme quand elle le souhaite. Si le pessaire vous gêne lors des rapports, vous pouvez donc le retirer avant et le replacer par la suite.

D’une manière générale, la réponse est propre à chaque femme et à chaque couple. Certains couples ne sont pas du tout gênés par le pessaire lors de la pénétration, d’autres préfèrent retirer le pessaire.

Si le pessaire est conservé pendant le rapport, vous pouvez le retirer pour le nettoyer, mais cela n’est pas indispensable.

Les éventuelles érosions vaginales responsables de douleurs aux rapports et secondaires à la présence du pessaire peuvent être prévenues en utilisant le pessaire le plus petit possible et un traitement hormonal local améliorant la trophicité vaginale.

Puis-je garder mon pessaire pendant les règles ?

Si vous portez un pessaire cube ou un pessaire Gellhorn, retirez-le toutes les 6 heures et rincez-le, comme pour une coupe menstruelle. Ces modèles risquent en effet de bloquer le sang des pertes menstruelles à l’intérieur du vagin.

Puis-je porter un tampon hygiénique ou une coupe menstruelle en même temps qu’un pessaire ?

La réponse varie en fonction du type de pessaire que vous portez. Un Anneau par exemple devrait vous permettre de porter également un tampon ou une coupe menstruelle.

Rien ne contre-indique en tout cas le port simultané de ces dispositifs à partir du moment ou cela ne vous occasionne pas de gêne ni de douleur.

J’ai un dispositif intra-utérin, puis-je mettre un pessaire ?

Il est possible de porter un pessaire lorsque vous portez un dispositif intra-utérin.

Cependant, faites très attention en retirant le pessaire, en particulier en ôtant l’effet de succion d’un cube. Un retrait trop brutal pourrait faciliter l’expulsion du DIU.

Parlez-en à votre médecin.

Puis-je aller à la piscine avec mon pessaire ?

Oui, vous pouvez sans problème réaliser toutes vos activités habituelles en portant un pessaire. La piscine n’y fait pas exception. La composition en silicone de haute qualité de nos pessaires empêche toute absorption des produits contenus dans l’eau de la piscine, et empêche la pullulation microbienne à la surface du pessaire. Vous pouvez si vous le souhaitez retirer votre pessaire pour le nettoyer à l’eau savonneuse après une séance de piscine.

5. Un doute ou une inquiétude au sujet de votre pessaire?

Un pessaire m’a été prescrit. Que faire si finalement il ne me convient pas ?

Il peut arriver que le pessaire choisi lors de la consultation d’essai de pessaires ne convienne finalement pas : sensation d’inconfort, chute du pessaire… Il est alors nécessaire de reprendre rendez-vous avec le professionnel de santé qui ajustera sa prescription.

Le professionnel de santé pourra alors conserver le pessaire qui ne convient pas et vous prescrire un nouveau modèle ou une nouvelle taille après de nouveaux essais, et tenant compte des difficultés rencontrées avec le précédent pessaire.

Quelles sont les contre-indications au pessaire ?

Il n’y a pas de contre-indication absolue à l’utilisation d’un pessaire, exceptées certaines malformations génitales.

En revanche, la pose du pessaire doit être évitée ou reportée dans les cas suivants :

  • saignements anormaux
  • pertes vaginales anormales
  • présence d’infection génitale
  • endométriose

Le port d’un pessaire par une femme enceinte est laissé au jugement du professionnel de santé. Sans contre-indication, un pessaire peut être une solution efficace pour soulager la patiente de certains symptômes ou inconforts pendant la grossesse (pas de port de pessaire pendant le premier trimestre de la grossesse cependant) et après l’accouchement, voire de prolapsus provoqués par l’accouchement.

Quels sont les effets secondaires du port d’un pessaire ? Peut-il provoquer des infections ?

Consultez un médecin dans les cas suivants :

  • démangeaisons
  • douleurs
  • inconfort
  • rougeurs
  • odeur anormale
  • saignements
  • difficultés pour uriner ou aller à la selle
  • constipation
  • fuites urinaires

Consultez également si votre pessaire ne tient pas.

Enfin, n’oubliez pas de vous faire suivre régulièrement, même lorsque tout va bien, en particulier si vous portez le pessaire en continu sans le retirer régulièrement. Votre professionnel de santé détermine la fréquence de ce suivi.

Que faire si une odeur se dégage de mon pessaire/de mon vagin ?

Il est rare qu’un pessaire en silicone retienne des bactéries et provoque des odeurs. Si toutefois vous sentez une odeur, consultez votre médecin. La plupart du temps, il s’agit d’une simple vaginose facilement traitable avec un ovule vaginal.

Il faudra en tout cas changer le pessaire.

Le pessaire peut-il « se balader » dans mon corps ? Est-il possible de mal le positionner ?

Le vagin est un espace fermé par le col de l’utérus et ce qu’on appelle le « cul-de-sac » vaginal, le pessaire ne pourra donc aller nulle part. S’il est mal positionné ou que la taille ou le modèle sont mal ajustés, le seul risque est que le pessaire tourne ou glisse. Il vous suffit d’introduire votre doigt dans votre vagin pour le repositionner correctement.

S’il glisse de nouveau ou a tendance à tomber, il sera nécessaire d’aller consulter votre professionnel de santé afin d’ajuster la taille et/ou le modèle du pessaire.

Porter un pessaire peut-il faire mal ? Ou être inconfortable ?

Un pessaire correctement ajusté (le bon modèle et la bonne taille) ne se sent pas du tout. De la même manière qu’en portant un tampon hygiénique ou une coupe menstruelle, vous ne sentirez rien et pourrez même « oublier » que vous portez un pessaire. Il est conçu pour libérer votre vagin et vous soulager de tout inconfort lié à un prolapsus ou à une incontinence urinaire à l’effort.

Si vous ressentez une douleur ou une gêne, le pessaire n’est probablement pas, ou plus, adapté. Consultez un professionnel de santé pour qu’il vous prescrive le bon pessaire.

Que faire si mon pessaire tombe ?

Si votre pessaire tombe, c’est probablement parce que son format ou sa taille ne sont pas ou plus adaptées. Après plusieurs mois ou plusieurs années d’utilisation, il n’est pas rare d’avoir à changer de taille de pessaire.

Consultez un professionnel de santé : il vous examinera et saura vous conseiller et vous prescrire le bon pessaire.

Que faire si je ne parviens pas à retirer mon pessaire ?

Dans un premier temps, rassurez-vous, ne pas réussir à retirer son pessaire n’aura pas de conséquence immédiate.

Lubrifiez l’entrée de votre vagin et le pessaire afin de faciliter le retrait. N’hésitez pas à vous aider d’un miroir. Si vos tentatives sont infructueuses, faites une petite pause et réessayez un peu plus tard. Sur le moment, le stress ou l’agacement peuvent vous rendre moins agile, et vous y arriverez sans doute beaucoup plus facilement après vous être détendue et avoir laissé un peu de temps s’écouler.

Si vous ne parvenez pas à atteindre le pessaire avec vos doigts, soufflez et poussez vers le bas, comme pour aller à la selle. Cela vous aidera à faire descendre le pessaire et à le rendre plus accessible. Il est important de s’aider d’une bonne respiration.

Nous vous assistons avec des instructions de retrait propres à chaque modèle de pessaire, n’hésitez pas à les consulter ici.

Pour le pessaire Cube, n’oubliez pas de décoller (« déventouser ») une alvéole au préalable.

Si vous ne parvenez toujours pas à retirer votre pessaire, un professionnel de santé pourra vous y aider : médecin généraliste, sage-femme, gynécologue, infirmière…

Dans le cas où vous expérimentez une gêne ou un inconfort, essayez de replacer le pessaire doucement avec votre doigt. Si cela ne suffit pas, contactez un professionnel de santé.

De même, dans le cas où vous portez un pessaire cube que vous ne parvenez pas à retirer le soir, allez voir un professionnel de santé le lendemain pour lui demander de l’aide.

Comment retirer un pessaire cube ?

Les premières fois, lorsque l’on n’est pas encore habituée, retirer un pessaire cube peut s’avérer difficile. De la même manière que lorsque l’on met une coupe menstruelle (ou même un tampon hygiénique) pour la première fois, il faut « prendre le coup de main », ce qui vient très rapidement, au bout de quelques jours.

Il est toutefois possible qu’en fonction de votre morphologie, de votre souplesse ou de votre condition, le pessaire cube soit particulièrement difficile, voire impossible, à retirer seule. Cela peut-être le cas si votre vagin est particulièrement long et profond, si vos doigts sont plus courts, si vous êtes enceinte ou en surpoids, si vous avez de l’arthrose aux doigts etc… Il est important de s’assurer de cela avec votre professionnel de santé lors du choix du pessaire, et d’adapter le modèle si nécessaire. Il faudra peut-être, si vous êtes dans l’un de ces cas, choisir un pessaire qui peut rester en place et que vous n’avez pas besoin de retirer seule tous les jours (un pessaire Anneau par exemple).

Le plus important lors du retrait d’un pessaire cube est de ne surtout pas tirer sur le cordon. Le cordon sert de repère : il permet de se souvenir que l’on porte un pessaire cube, et peut servir de guide lorsqu’on cherche à atteindre le pessaire et à glisser le doigt entre le pessaire et la paroi vaginale. Si vous tirez dessus, l’effet de succion ne s’annulera pas et vous pourrez vous faire mal voire abîmer la muqueuse ou aggraver le prolapsus. C’est pourquoi notre pessaire cube est doté d’un cordon en silicone médical qui, si l’on tire trop dessus, finira par se casser pour éviter de vous blesser.

Il est indispensable de commencer par ôter l’effet de succion qu’exerce le pessaire cube sur les parois de votre vagin (le « dé-ventouser »). Pour cela, glissez un doigt entre le pessaire et la paroi de votre vagin, puis pincez les deux arêtes opposées de la face du bas du pessaire cube. Une fois l’effet de succion supprimé, vous pouvez tirer doucement sur le pessaire pour le retirer.

  1. Si nécessaire, lubrifiez le vagin ou le pessaire avec un gel lubrifiant à base d’eau
  2. Insérez votre index ou votre majeur dans votre vagin et glissez-le entre les différentes faces du pessaire et la paroi de votre vagin, pour les décoller doucement
  3. Servez-vous de votre pouce pour pincer le pessaire cube et décoller une face de la paroi vaginale
  4. Tirez doucement pour retirer le pessaire

Si vous ne parvenez pas à retirer le pessaire cube, un professionnel de santé pourra vous y aider.

Le cordon de mon pessaire cube s'est cassé, que faire?

Nos pessaires cubes sont dotés d’un cordon en silicone médical, qui sert de repère et de guide, et permet de se souvenir que l’on porte un pessaire et qu’il faut le retirer le soir venu.

Il n’est pas conçu pour tirer dessus comme sur la ficelle d’un tampon lorsque l’on souhaite le retirer. Il est très important de commencer par ôter l’effet de succion exercé par les faces concaves du cube sur la paroi de votre vagin avant de tirer.

Une traction trop forte sur le cordon alors que l’effet de succion n’a pas été supprimé peut le casser. Il s’agit d’une sécurité qui évite de vous blesser en tirant trop fort sur un pessaire cube encore ventousé à votre muqueuse.

Rassurez-vous, le fait que le cordon soit cassé ne doit pas vous empêcher de retirer votre pessaire cube, et ne change rien à son utilisation et à son efficacité. Cela peut en revanche rendre la localisation du pessaire un peu plus difficile.

Il peut arriver, en fonction de votre morphologie, de votre souplesse ou de votre condition, que vous ne parveniez pas à retirer votre pessaire cube seule, que le cordon soit cassé ou non. Dans ce cas, un professionnel de santé pourra vous y aider. Prenez rendez-vous rapidement.

Mon pessaire change de couleur, faut-il le changer ?

Un léger changement de couleur du silicone avec le temps (en général le rose pâle devient plus pêche, plus orangé, ou plus jaune) est parfaitement normal et n’indique pas une dégradation ou une détérioration du pessaire. Vous n’avez donc pas besoin de le changer, à moins qu’apparaissent sur le silicone des fissures, des cassures ou des accrocs, auquel cas le pessaire doit être changé.

En revanche, un changement de couleur important (marron) est un indicateur du vieillissement du pessaire, qui devrait alors être changé.

Porter un pessaire peut-il favoriser les mycoses, vaginoses ou autres infections bactériennes ?

Si vous êtes sujette à ce type d’infection vaginale, porter un pessaire peut éventuellement en augmenter la fréquence.

N’hésitez pas à utiliser en prévention des compléments alimentaires et probiotiques afin de renforcer et de protéger votre flore vaginale.

En cas de suspicion d’infection, consultez votre médecin. Si l’infection est avérée, vous pourrez la traiter normalement, avec ou sans le pessaire en fonction des indications de votre médecin.

Dois-je retirer mon pessaire pendant mon traitement contre la mycose ou la vaginose ?

Il peut être recommandé d’enlever le pessaire le temps du traitement, afin de favoriser et d’accélérer la guérison. Parlez-en à votre médecin.

Dois-je faire des douches vaginales pour nettoyer mon pessaire si je ne le retire pas régulièrement ?

Aucune mesure d’hygiène particulière n’est nécessaire lorsque vous portez un pessaire. Comportez-vous comme si vous n’en aviez pas et oubliez-le (sans oublier de faire votre suivi médical si vous portez le pessaire en continu sans le retirer régulièrement). Lavez-vous à l’eau, et ne faites jamais de douche vaginale (les douches vaginales favorisent l’apparition d’infections vaginales, d’irritations, de sécheresse vaginale, voire de douleurs, et détruisent votre flore intime).